Au cours des dernières années, plusieurs porte-paroles se sont mis à demander à cor et à cri la prérogative vis-à-vis de la rédaction de leur propre narré face à l’aide apportée aux groupes marginalisés dont ils font partie. C’est donc dans cet esprit que nombre d’entreprises à vocation sociale ont vu le jour, y compris HerHero, imaginée en 2017, par une dénommée Noro Idéalisoa Andriniela.

Cette dernière, une Malgache s’étant passagèrement établie au Québec, a, en effet, érigé sa compagnie dans le but d’émanciper ses apprenantes de toute lacune économique. Ceci entend surtout, en cette saison de pandémie, qu’elle se passionne pour l’offre d’un soutien administratif à distance et de l’enseignement des télécommunications, entre autres. En outre, HerHero, depuis sa fondation, en 2020, s’est déjà attelée à certaines missions gestionnelles, notamment en ce qui a trait à l’artisanat, au montage de films vidéo, à la révision de fiches et à la télémercatique.

Aujourd’hui, l’amicale de Madame Andriniela compte près de trois cents femmes dans sa banque de bénéficiaires, celles-ci étant pour la plupart à mobilité réduite, ou nouvellement mères, ou fraîchement diplômées et sans emploi, ou en reconversion professionnelle. Toutefois, sous la preste montée de sa compagnie, cette dernière est à la recherche de partenariats et espère, au moyen de maints médiums à l’instar du nôtre, sensibiliser la collectivité à sa cause.

Corollairement, Afro Women Workshops s’est entretenue avec nulle autre que Madame Andriniela en vue de comprendre les desseins futurs de HerHero.

Qu’est-ce qui a suscité l’édification de HerHero ? Y a-t-il, par exemple, un événement distinctif qui l’a pressée, en 2020, alors que l’idée du projet avait d’abord été évoquée en 2017 ?

Le taux de chômage féminin à Madagascar est élevé alors qu’environ 72 % des femmes professionnelles quittent leur emploi [pour donner] suite à [leur] maternité. En effet, le congé de maternité à Madagascar dure généralement trois mois. Pour les femmes qui subissent une grossesse difficile ou à risque, une partie (un à deux mois), voire [l’entièreté] de ce congé est consommée avant même [que l’accouchement ait eu lieu]. Ne voulant pas abandonner leurs bébés […] à peine [âgés de] zéro à trois mois, [c]es femmes sont contraintes de quitter leur travail. [Et ce,] même si elles savent bien qu’il leur sera difficile d’en trouver un [autre] à un moment donné. La raison est que les offres sont limitées et la concurrence, […] forte.

Mais comment la femme [peut]-elle gagner de l’argent pour subvenir à ses besoins, ainsi que ceux de sa famille, tout en étant à la fois disponible pour son bébé ? La promotion du télétravail s’avère être la solution [la plus] efficace pour faire face à une telle situation, d’où l’idée de fonder HerHero : une entreprise sociale ayant pour but de promouvoir l’autonomisation des femmes à travers leur inclusion numérique, notamment l’assistanat virtuel.

Le plus est qu’à l’ère actuelle de la révolution numérique, la technologie nous offre [la chance] de travailler à distance […]. De nombreux logiciels, gratuits ou payants, nous permettant d’assurer la gestion opérationnelle de nos tâches et d’en faire le suivi sont disponibles [dans] Internet. [Par ailleurs,] de performants outils de télématique naissent de jour en jour pour nous faciliter [la tâche].

En 2020, HerHero a été sélectionné par le programme BeChangeMaker Africa, un programme d’accélération d’entreprises sociales initié par WorldSkills, Founderscope, l’Union africaine et la Fondation HP.

Grâce à l’accompagnement de ce programme, nous avons pu entamer la concrétisation du projet en élaborant les documents stratégiques nécessaires, en effectuant le prototypage, en suivant des [séances] d’[accompagnement professionnel] et de mentorat spécialisées, et cætera. Le projet a [alors vite] pris pied : la phase pilote a été lancée et HerHero a obtenu son statut légal.

En cette même année de […] démarrage, la relevance du concept de HerHero s’est confirmée du fait que de plus en plus de femmes sont [au] chômage à cause de la crise pandémique de [la] COVID-19. [Et ce,] alors que les restrictions sanitaires les obligent à rester chez elles.

Brochure

Quels sont vos objectifs quant aux effets de longue haleine que votre société aura sur l’émancipation du marché féminin ? Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Bien que, peu à peu, l’impact de HerHero sur la vie professionnelle de ses femmes bénéficiaires est important à nos yeux, je suis confiante que, dans les années à venir, HerHero continuera à contribuer à l’autonomisation économique de plus en plus de femmes, notamment celles en situation de vulnérabilité, que nous priorisons dans nos processus et en faveur desquelles nous avons déterminé nos approches stratégiques.

Dans cinq ans ? Une centaine d’entreprises, d’organisations et même des particuliers se joindront à nous pour devenir des « heroes » pour nos femmes bénéficiaires. Cela implique qu’il y aura plus d’opportunités d’emplois pour les femmes. Le chemin est encore long, mais notre équipe travaille sans relâche pour y arriver.

Coaching individuel – HerHero fellow

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir entrepreneure ? Sentez-vous que vous avez répondu à vos visées personnelles à travers HerHero ?

HerHero a été inspiré d’un vécu. En effet, il y a quelques années, j’ai dû quitter mon emploi [parce que] mon bébé a refusé catégoriquement le biberon. [Et ce,] alors que mon congé de maternité [avait] déjà pris fin.

À l’époque, de gestionnaire de projets à femme au foyer, je faisais partie de ces jeunes femmes professionnelles qui [avaient] sacrifié leur carrière, car elles [étaient] devenues mamans. C’était un difficile choix. Voulant rester au côté de mon bébé, l’avoir à l’œil, l’allaiter à chaque fois qu’il en [avait] besoin, j’ai choisi de quitter mon emploi qui nécessitait une présence quotidienne de ma part.

En revanche, afin d’assurer mon indépendance financière, je me suis lancée en télétravail et ai offert mes services [et] mes connaissances à distance à qui pouvaient en avoir besoin. Pour cela, j’ai dû apprendre certains métiers du numérique et [à utiliser] plusieurs outils digitaux. J’ai dû également faire le tour de différentes catégories de missions [pigistes], être débutante en tout, pour enfin savoir ce qui me correspondait le mieux. 

Parmi les missions de télétravail que j’ai effectuées, jouer le rôle d’assistante virtuelle m’a beaucoup plu. [Même si] je n’avais pas d’horaire fixe pour accomplir les tâches qui m’[avaient] été confiées par mes clients, j’ai pu respecter mes engagements en termes de qualité de travail et rendre les livrables dans le délai. Il m’est arrivé de me réveiller à minuit, à une heure ou à trois heures du matin pour me mettre au travail et profiter du temps pendant lequel [mon] bébé [dormait].

Nomena – assistante virtuelle HerHero

Une chose que j’ai comprise est que l’assistanat virtuel sur lequel je me suis embarquée n’est pas du tout un métier nouveau. […] Il s’agit d’une méthode d’organisation : […] je peux proposer des services d’assistanat virtuel correspondants à mes domaines de compétences et à mes expériences antérieures.

En intégrant des réseaux de télétravailleurs, majoritairement composés [de] femmes, j’ai compris que je n’étais pas la seule à vivre une telle situation. Nombreuses sont les femmes auparavant actives sur le milieu professionnel qui ont subi un problème de [chômage dès qu’]elles choisissent de fonder une famille [en devenant] mères. 

Actuellement, HerHero compte plus de trois cents femmes dans sa banque de bénéficiaires et, lors de l’accompagnement de HerHero, la plupart d’[entre elles] avouent être plus à l’aise, [comme jeunes mamans], en tant qu’assistantes virtuelles. [Certaines] disent avoir raté des entretiens d’embauche avant pour des postes [en présentiel] à cause de leur handicap physique, [d’autres] sont en reconversion professionnelle, [car] les métiers du [numérique] sont en vogue.

Femme bénéficiaire HerHero en télétravail

Quelles sont les personnalités qui incarnent vos inspirations professionnelles ?

Mon père, M. Ntaolo, Jack Ma et Tony Onyemaechi Elumelu : ce sont tous des hommes alors que je promeus l’autonomisation des femmes, j’en suis consciente.

Diriez-vous que vous êtes plus productive de jour ou de nuit ?

[La] nuit : tout [y] est calme, j’[y] suis plus concentrée… et inspirée.

Avez-vous un conseil à donner à une personne qui désire se lancer en affaires ?

[Connaissez] la raison qui vous motive, fixez [des] objectifs, osez sortir de votre zone de confort et prenez la peine d’essayer… vous saurez, ainsi, si c’est fait pour vous.